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Par Jan Ernst Matzeliger
Fils d'un ingénieur néerlandais et d'une mère noire esclave, Matzeliger développe très tôt un don pour la mécanique dans les ateliers de son père. À 19 ans, il quitte le Suriname pour les États-Unis, travaillant d'abord comme marin avant de s'installer à Lynn, dans le Massachusetts. À cette époque, Lynn était la capitale mondiale de la chaussure, mais l'assemblage final (le "montage") restait un goulot d'étranglement car il ne pouvait être fait que manuellement par des ouvriers hautement qualifiés.
Après cinq années de recherches intensives menées dans la pauvreté, Matzeliger fait breveter sa machine à monter les chaussures en 1883. Son appareil reproduisait les mouvements complexes de la main humaine : il étirait le cuir sur la forme, le pliait sous la semelle et le fixait avec des clous.
Alors qu'un ouvrier expert ne pouvait assembler que 50 paires par jour à la main, la machine de Matzeliger permettait d'en produire entre 150 et 700 par jour, doublant ainsi la productivité tout en garantissant une qualité constante.
L'invention de Matzeliger a eu un impact économique colossal. En divisant par deux le prix de vente des chaussures aux États-Unis, il a permis aux classes populaires de se chausser dignement. Sa technologie est devenue le fondement de la United Shoe Machinery Corporation. Malheureusement, emporté par la tuberculose à l'âge de 36 ans, il n'a jamais pu récolter les fruits financiers de son génie, mais son invention reste l'une des plus importantes de l'histoire industrielle américaine.
Bien que longtemps resté dans l'ombre, le rôle crucial de Matzeliger a été réhabilité par l'histoire. En signe de reconnaissance nationale, le service postal des États-Unis a émis un timbre commémoratif en son honneur le 15 septembre 1991, célébrant sa contribution exceptionnelle au progrès technologique et social du pays.